Interview la nouvelle république
Rubrique: Actualité
Depuis le 27 décembre, Laurent Buffard n’est plus l’entraîneur d’Ekaterinbourg, tout comme son adjoint Jacky Moreau. L’expérience russe de l’ancien entraîneur de Valenciennes aura donc duré un an et demi au lieu de trois.
Comment avez-vous vécu ce limogeage ?
« C’est mon agent qui me l’a appris par téléphone. D’abord sans raison particulière. Après, on nous a dit que c’était parce qu’on avait perdu contre le CSKA (NDLR : 50-73, le 14 décembre) et que quelques joueuses russes ne jouaient pas assez. Avec notre effectif, on est effectivement obligé de se priver de deux joueuses à chaque fois. Une hiérarchie s’instaure ensuite mais ça, elles le savaient, on en avait parlé. On finit 1er en Euroligue, on est 2e en Russie et on est coupé. C’est comme ça, j’assume. »
Même si vous connaissiez les règles du jeu en Russie, n’est-ce pas trop difficile à admettre vu ce bilan ?
« Ça fait drôle, ce n’est pas le meilleur cadeau de Noël. Mais j’ai pris ce risque. Ce n’était pas le plus simple de partir en Russie, j’assume. »
Quels sont vos projets ?
« J’ai déjà eu quelques contacts pour l’étranger. Je reste tranquille, je vois ce qui peut se passer, chez les filles comme chez les garçons. Je ne m’affole pas. Je ne veux pas arriver dans un club n’importe comment. Il faut qu’il y ait un projet. C’est surtout un projet humain que j’ai envie de vivre. Je peux aussi me diriger vers autre chose. J’ai beaucoup de contacts. Ce pourrait être du management ou pourquoi pas monter ma propre société. »
Est-ce à dire que vous vous sentez usé par le basket ?
« Je ne suis pas du tout usé mais je vois bien que cela devient compliqué partout. Les anciennes joueuses avaient des valeurs, avec les jeunes c’est plus difficile. Je l’ai fait pendant 25 ans, je peux encore le faire. »
Vous parliez de l’envie de mener un projet de club. A Ekaterinbourg, vous ne serez allé qu’à la moitié de votre projet.
« C’est frustrant oui, surtout que sur la fin de saison on pouvait faire quelque chose, même si j’ai appris que Parker ne viendrait finalement pas (lire ci-contre), que Taylor est toujours blessée et qu’il y a donc quelques soucis à gérer. On pouvait gagner au moins la coupe de Russie même si le Spartak est au-dessus. »
Est-ce que vous conseilleriez à un entraîneur de tenter l’aventure russe ?
« C’est dur, surtout qu’il faut quitter sa famille, tout laisser. Alors se retrouver aujourd’hui sans rien… Mais j’ai choisi cette situation. Ce sont des méthodes qu’il faut apprendre avec les Russes, j’aurai tout connu. D’ailleurs, je vais peut-être écrire un livre sur mon aventure, cela peut être intéressant car j’en ai vécu des choses. »
Propos recueillis par Annaïck Mainguy
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